Bilan 2003 du programme d ’étude des tumulus de Mussig (Bas-Rhin)

Posté par ericboes le 30 septembre 2007

 Eric BOËS (INRAP)

Les tumulus de Mussig, au lieu dit Plaetze, sont situés au cœur du Ried Centre Alsace, à la hauteur de Sélestat, à 4 km à lest de lIll et à 12 km à louest du Rhin. Séparés en deux groupes (nord et sud) composés dune vingtaine de tumulus chacun, ils font partie dun important groupe de tertres édifiés au cours de la Protohistoire et implantés dans la micron-région de Heidolsheim.

Une campagne de fouille programmée menée en 2001 sur deux tumulus du groupe sud a permis de relancer un projet de recherches sur ces tertres du Ried, fortement menacés par les activités agricoles. Lopération menée en 2003 dans le même groupe a permis lachèvement du plan des tertres encore conservés, ainsi que la localisation des tumulus repérés lors des nombreuses prospections aériennes, menées depuis les années soixante (en tout 25 tertres). Une dernière anomalie relevée à la surface du sol a fait lobjet dun décapage, qui a révélé une remontée du substrat à ce niveau, confirmant lhypothèse formulée en 2002 selon laquelle certains tumulus présumés pouvaient correspondre à des reliefs naturels. Le tumulus fouillé par Hatt en 1946 a pu être situé avec plus de précision. Il correspond probablement au groupe des trois tertres repérés sur les photographies aériennes à lextrémité sud du groupe sud des tertres et dont 2 ont été fouillés en 2001. L’état de dégradation des tumulus situés dans les terrains cultivés apparaît aujourdhui plus important que nous ne pouvions limaginer en 2001, démontrant lintérêt du suivi archéologique de ce site très menacé. Seul un dernier tumulus semble encore conservé dans lensemble des parcelles cultivées (tumulus16), mais sa forte dégradation nen est pas moins probable (fig.1).

Une tranchée de 100 m de longueur a été réalisée en 2003 à travers le groupe sud des tertres (en dehors des tertres), afin de préciser la stratigraphie du site, évaluer les variations des alluvions rhénanes et préciser leur rôle dans les anomalies de surface, parfois confondues avec des tumulus. Elle a également permis dinterpréter les prospections électriques et géoradar menées en 2002 et 2003. Limportant échantillonnage effectué à cette occasion a permis de poursuivre l’étude des sols et surtout de lanmoor caractéristique du Ried noir. Un examen plus particulier a été effectué au niveau des chenaux, dont certains présentent un comblement terminal constitué de limons tourbeux. Un première étude palynologique insiste sur lintérêt de ces chenaux pour les données paléoenvironnementales, par la présence de marqueurs mieux conservés que dans les tumulus. Les premières datations de ces chenaux, proposées par l’étude des pollens réalisée par Jaqueline Argant (Institut Dolomieu, Grenoble), indiquent un fonctionnement contemporain des tumulus de l’âge du Fer. La compréhension des conditions doccupations de cette partie du Ried implique donc la prise en compte de ces chenaux, dont les remplissages demeurent des marqueurs chronologiques particulièrement précieux, déjà mis en valeur dans des études anciennes. Il semble par ailleurs que certains chenaux ont pu faire lobjet dun entretien, marquant une emprise sur le paysage proche des tertres au cours du Ier millénaire av. J.-C. Le contexte archéologique et la présence dun groupe de tumulus dans cette dépression très humide de Mussig a conduit à relier les données environnementales avec les différentes traces de présence humaine dans ce secteur, depuis l’âge du Bronze jusquau début de la période romaine. L’équipe intègre donc ses travaux dans une thématique Homme-Milieu au cours de la Protohistoire dans la zone humide du Ried, qui pourra être comparée avec dautres études similaires menées dans dautres régions. Elle constitue un cadre de référence qui fait actuellement défaut pour lensemble de la zone humide de la Plaine du Rhin, malgré lintérêt de cet environnement majeur, pourtant fortement menacé.

En 2003 l ’équipe d ’encadrement était constituée de : Eric BOËS, Anne GEBHARDT, Marina LASSERRE, Laurent SCHMITT, Dominique SCHWARTZ, Stéphanie GOEPP et Eric GELLIOT

BCCEPA – Activités et nouvelles
1ère année – n° 1, janvier 2004, 2 p.  –

 

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